Algérie

ALGÉRIE n. f. ▪ offic. République algérienne démocratique et populaire
État d'Afrique du Nord. 2 381 741 km2. 32 853 000 habitants (les Algériens).
Langues : arabe (offic.), tamazight (berbère) [langue nationale], français.
Population : Arabes, 82 %; Berbères (Kabyles), 17 %.
Religion : musulmans, dont une forte majorité de sunnites malékites.
Monnaie : dinar.
Capitale : Alger.
Régime : présidentiel.
→ Voir cartes : L'Algérie, L'Afrique
GÉOGRAPHIE S'étendant des bords de la Méditerranée au Sahara, l'Algérie offre un relief très contrasté. La côte, découpée, est surplombée par l'Atlas tellien et l'Atlas saharien, qui ceinturent une région de hautes plaines et de hauts plateaux. Au S. s'étend le Sahara, où se situent le Grand Erg occidental, le Grand Erg oriental, les plateaux du Tademaït et du Tanezrouft, le massif du Hoggar.
Le littoral bénéficie d'un climat méditerranéen, tandis que l'intérieur des hautes terres, protégé des influences maritimes par les chaînons côtiers, est soumis à un climat continental (hiver rigoureux, été chaud et sec). Au S., le Sahara se caractérise par la rareté des précipitations et une très forte amplitude thermique. Pour remédier à une pluviosité irrégulière et inégalement répartie, l'Algérie s'est engagée dans une politique de construction de barrages-réservoirs. La surface agricole utilisée ne représente toutefois que 3 % du territoire, et plus de 80 % sont occupés par les déserts.
ÉCONOMIE L'agriculture est peu développée. Après le départ massif des Européens, à partir de 1962, et l'occupation par les Algériens des grandes exploitations agricoles, une loi d'autogestion a été promulguée. Mais le système, défaillant, a été révisé dès 1968 et à nouveau en 1974. Parallèlement, la « révolution agraire » lancée en 1971 (création de coopératives, redistribution et nationalisation des terres) a fait chuter la productivité et a accru la dépendance alimentaire. Les réformes menées à partir des années 1980 font de plus en plus appel à l'initiative individuelle et aux capitaux privés, sans rompre définitivement avec le dirigisme. Aujourd'hui, si la valeur de la production agricole a augmenté, le pays n'a pas atteint l'autosuffisance alimentaire.
Les véritables piliers de l'économie sont donc le pétrole (réserves estimées à 40 milliards de barils) et le gaz naturel (réserves estimées à 4 550 milliards de m3), qui assurent la quasi-totalité des revenus à l'exportation (l'Algérie produit 1 250 000 barils de pétrole par jour et en exporte la moitié vers l'Europe). Deux gazoducs relient l'Algérie à l'Espagne et l'Italie, et d'autres ouvrages sont en cours de construction. Malgré les résultats positifs obtenus dans de nombreux secteurs industriels (sidérurgie, chimie, télécommunications) et un potentiel touristique important, le chômage reste élevé et la dette extérieure, bien que considérablement réduite (34 milliards de dollars en 1994, 15 milliards en 2006), pèse lourdement sur l'économie.
HISTOIRE L'Algérie préhistorique et antique La présence humaine dans la région remonte à plus de 500 000 ans et le territoire fut l'un des berceaux de la civilisation berbère. Les Phéniciens fondèrent des comptoirs commerciaux sur ses côtes (début du IIe millénaire av. J.-C.), tandis que l'intérieur du pays, occupé par les Maures, les Libyques et les Guaramantes, fut dominé par des chefs berbères (les Numides). À l'issue des guerres puniques (IIIe-IIe s. av. J.-C.), la Numidie passa sous domination romaine. En 40 apr. J.-C., la Maurétanie fut annexée par Rome, tandis que l'E. du territoire dépendit, jusqu'au IIIe s., de la province proconsulaire d'Afrique. La population, précocement christianisée, adopta le donatisme (forme la plus schismatique). Les tribus berbères montagnardes, non romanisées, continuèrent leur résistance. Les Vandales exercèrent une brève domination (429-533), avant d'être chassés par les Byzantins qui occupèrent l'E. de la région.
L'avènement de l'islam La conquête arabo-musulmane façonna durablement l'identité nationale et culturelle de l'Algérie. Les armées musulmanes, parties d'Égypte en 647, atteignirent les rivages atlantiques dès 711. La résistance de certains chefs berbères (VIIe s.) ne put empêcher le Maghreb, rapidement converti, de devenir une province omeyade (VIIIe s.). Dès lors, divisions politiques et dissidences religieuses allèrent de pair. À la fin du XIe s., les Almoravides, dynastie berbère sunnite, s'emparèrent du pays et firent pénétrer l'influence de la civilisation hispano-mauresque. Durant leur règne et celui de leurs successeurs, les Almohades, tout le Maghreb fut soumis à un pouvoir unique.
La conquête ottomane Au XVIe s., la population musulmane, refusant le protectorat espagnol, demanda aux corsaires turcs (tels les frères Barberousse) d'intervenir. Dépendant de la protection du sultan, le pays devint alors une régence de l'Empire ottoman. Après la prospérité économique du début de la période ottomane, il sombra à la fin du XVIIIe s. et au XIXe s. dans un marasme persistant. Profitant de la fragilité de l'autorité du dey, les révoltes locales se multiplièrent.
La conquête française En 1830, à la suite d'un incident diplomatique, mais poursuivant une stratégie économique, politique et militaire planifiée, la France envahit le pays. Le 5 juillet 1830, les troupes françaises conquirent Alger, mettant ainsi fin à la domination turque. La résistance s'organisa alors autour d'Abd el-Kader qui, après avoir infligé une grave défaite aux Français, les contraignit à signer le traité de la Tafna en 1837. Ayant constitué une véritable armée, Abd el-Kader, reconnu « émir des croyants », reprit les hostilités dès 1839 en proclamant la guerre sainte contre les Français. Malgré l'intervention du sultan du Maroc, l'armée française d'Afrique mena le combat jusqu'à l'occupation totale du pays. En 1847, à Sidi Brahim, l'émir se rendit. La guerre finie, la pacification ne fut pourtant jamais achevée tant la colonisation allait nourrir de révoltes par ses expropriations massives.
La colonisation Assez vite, en effet, la colonisation de peuplement apparut comme le seul moyen de consolider la conquête. On recensa ainsi, en 1872, 2 125 000 indigènes et 245 000 Européens (dont 35 000 israélites naturalisés par le décret Crémieux de 1870). Pour attirer les colons, le territoire algérien, devenu français après 1848, fit l'objet de nombreuses concessions et distributions (environ 1,7 des 2,4 millions d'ha exploités par les Européens en 1930). Malgré l'échec du projet Blum-Violette (1936) prévoyant l'accès de certains musulmans à la citoyenneté française sans perte de leur statut personnel islamique, l'élite musulmane crut longtemps à la politique d'assimilation. Déjà, pourtant, se développèrent des mouvements d'indépendance nationale. Après les émeutes de mai 1945 (Sétif et Guelma), durement réprimées, ils se radicalisèrent et se divisèrent : en 1946, Ferhat Abbas fonda l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) et Messali Hadj le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Les blocages politiques permirent à la tendance dure, favorable au soulèvement armé, de l'emporter. Le 1er nov. 1954, d'anciens militants du MTLD déclenchèrent une insurrection dans les Aurès (la « Toussaint rouge »). Le conflit prit rapidement l'allure d'une véritable guerre, qui s'acheva avec les accords d'Évian, en mars 1962 (voir Algérie [guerre de]).
L'Algérie indépendante À peine indépendante (1er juin 1962), la république algérienne fut soumise au régime présidentiel fort de Ben Bella puis, après le coup d'État de juin 1965, à celui de Boumédiène. Ce dernier entreprit une politique de développement volontariste : industrialisation fondée sur l'exploitation du gaz et du pétrole, nationalisation des principaux secteurs de l'économie, politique d'arabisation massive, accords de coopération culturelle et technique avec des pays européens. Le colonel Chadli Bendjedid, élu président en 1979, continua l'œuvre de son prédécesseur mais en libéralisant quelque peu le régime. Il proposa une nouvelle Constitution (1989) et une loi sur le multipartisme. On assista alors à une floraison de partis politiques, dont le Front islamique du salut (FIS) qui s'imposa comme l'adversaire implacable du régime. En 1991, le FIS remporta une écrasante victoire au premier tour des élections législatives.
L'armée démit Chadli de ses fonctions et annula les résultats des élections. Le FIS fut dissous. Dès lors, l'Algérie entra dans une phase d'instabilité et de violence. À la répression sanglante, menée par l'État et son armée, répondirent les attentats des islamistes : plus de 600 personnes furent assassinées en 1992. Dans le même temps se développa en Kabylie un mouvement de revendication berbère, hostile aux militaires comme aux islamistes. Malgré les tentatives de Liamine Zeroual, chef d'État depuis 1994, pour intégrer les principaux partis d'opposition à l'exercice du pouvoir, le régime n'obtint ni la fin des massacres, ni le soutien du peuple (durant les années 1990, plus de 200 000 personnes ont été tuées dans le conflit qui a opposé l'État et les groupes armés). Impuissant, L. Zeroual démissionna et A. Bouteflika, élu président, lui succéda en 1999. Alors même qu'il venait de faire approuver par référendum son projet de « concorde civile », des émeutes éclatèrent en avril 2001 en Kabylie. En 2005, A. Bouteflika, réélu président, fit adopter une charte pour la paix et la réconciliation nationale, malgré les protestations d'associations de victimes qui dénonçaient le renforcement de l'impunité. Il a été réélu en 2009.

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